Société

Cherté de la vie au Bénin : Les fruits de mer désormais un luxe pour le consommateur

La cherté de la vie est train de modifier les habitudes alimentaires du consommateur béninois. Si les boulangers avaient entre temps agité le spectre de l’augmentation du prix de la baguette de pain, le poisson lui est carrément devenu un produit de luxe qui n’est plus à la portée de n’importe quelle bourse.

Avoir une façade maritime ne donne pas le plein droit aux citoyens d’un pays de jouir pleinement de ses fruits. Le Bénin, avec ses 125 km de côte, est un gros importateur de poissons. Un produit de la mer qui a quand même fait des bienheureux. Des citoyens béninois sont devenus milliardaires rien qu’en vendant du poisson.

On pourrait même se souvenir que le poisson figurait sur le logo et les affiches d’un célèbre candidat à la présidentielle de 2016. Ce dernier était même surnommé « le roi du poisson et de la volaille » tant il devait sa fortune à la vente de ces produits jadis prisés par le consommateur béninois. Mais la cherté de la vie aura eu raison des habitudes de consommation de ce dernier.

La hausse des prix des denrées de première nécessité, démarrée bien avant la guerre en Ukraine, a fini par toucher le prix du poisson et entamer sérieusement sa capacité à se le procurer. ‘’Les bonnes dames’’, ces vendeuses de nourriture, comme aiment à les appeler les béninois, qu’on retrouve à presque tous les coins de rue, ont retiré le poisson frit ou non de leur offre de service de consommation.

« Le litre d’huile est à 1300 FCFA, à   1500 FCFA par endroit. Le prix du kilogramme de poisson oscille entre 1500 FCFA et 2500 FCFA », avoue l’une d’entre elle qui a requis l’anonymat. Dans ces conditions, frire du poisson et le proposer comme accompagnement à une bonne pâte de maïs bien chaude, à du télibo (cossette d’igname moulue) ou même à du riz n’est pas rentable, sinon ne l’est plus.

Aussi, faut-il faire remarquer que l’huile de production artisanale, connue sous l’appellation « huile rouge », « ami vôvô » ou « ékpo koukpa » a le vent en poupe. Elle a remplacé l’huile végétale industrielle importée des pays d’Asie de l’Est dans la préparation des fritures.

Si nul ne peut prédire à quel seuil va se stagner ou se plafonner les prix des produits de première nécessité qui ne font que grimper, le consommateur ne sait plus à quel saint se vouer tant sa tirelire déjà maigre de sous en pâtit au jour le jour. En tout cas, il avait été prévenu : la ceinture doit restée bien serrée.

Zek Adjitchè ALAFAÏ

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