Politique

Représentation parlementaire de la diaspora : Et si le Bénin s’inspirait de la France, du Sénégal et du Niger ?

Près de 5 millions de béninois, et peut-être même plus,  vivent et travaillent à l’étranger. Et Quand on a le tiers de sa population à l’extérieur, on doit avoir une certaine attitude à leur égard. Un autre regard s’impose.

Comparaison n’est pas raison, c’est vrai, mais il faut le reconnaitre : il y a plus de béninois à l’étranger que de français à l’étranger. « Fin 2020, la présence française à l’étranger était estimée à plus de 2,5 millions de personnes », lit-on sur wikipédia. Pourtant 11 députés représentent les français qui se sont expatriés hors de la métropole.

Des redécoupages opérés en 2010 ont permis la création de 11 circonscriptions législatives à travers le monde. Ainsi, les français établis hors de France élisent depuis 2012 des députés à l’Assemblée Nationale Française.

« Le nombre total de circonscription, toujours selon l’article posté sur wikipédia, est établi en fonction du nombre de français qui résident hors de France et des membres de leur foyer familial, inscrits sur les listes consulaires pour voter hors de France ».

Si c’est à dessein que l’exemple de la France est cité, elle n’est pas le seul pays au monde qui permet à ses ressortissants expatriés d’être représentés à l’Assemblée Nationale de leurs pays d’origine. « Tous pays confondus, il y aurait plus de 232 millions de citoyens établis dans un pays qui n’est pas leur pays d’origine », écrivit Claudine Lepage dans un rapport intitulé : « la représentation parlementaire des expatriés », adressé à l’Assemblée parlementaire de la Francophonie en 2018.

L’exemple du Niger et du Sénégal

Elle ajoute plus loin dans le rapport, prenant justement l’exemple de quelques pays africains que : « les nigériens expatriés qui sont 3 à 4 millions sont représentés par 5 députés issus de la diaspora, sur un total de 171 députés ». Chose encore intéressant, « les sénégalais vivant à l’étranger sont représentés par 15 députés (sur un total de 165) », fait-elle remarqué. Elle mentionne également dans le rapport qu’il existe « le même modèle de représentation au Cap-Vert où 6 députés représentent l’ensemble des circonscriptions électorales situées en dehors du territoire national ».

L’audace d’agir

Avec plus du tiers des béninois vivants à l’étranger, le gouvernement et la représentation nationale doivent en prendre politiquement acte et suivre l’exemple des pays sus cités. Ils doivent avoir l’audace de reconnaitre que même à l’étranger, leurs compatriotes contribuent au développement du Bénin, ne serait-ce qu’à travers le transfert de capitaux. Le bicéphalisme à la tête du Haut Conseil des Béninois de l’Extérieur (HCBE) doit cesser très vite. Les dirigeants de cette instance doivent comprendre que les priorités sont ailleurs et que leurs vaines querelles n’apportent rien non seulement à eux-mêmes mais aussi au pays tout entier. Qualifié de ‘’réformateur’’ qui ne recule devant rien, le Chef de l’Etat, Patrice Talon doit taper dans la fourmilière pour mettre fin à la pagaille. Le développement du Bénin passe aussi par là.

Zek Adjitchè ALAFAÏ

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