Politique

Présidence de l’Union Africaine : Le rêve de Macky Sall pour l’Afrique

Macky Sall est désormais et pour l’année 2022 le Président en exercice de l’Union Africaine (UA). Il a été consacré dans ses nouvelles fonctions lors de la 35ème session de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement qui se tient les 05 et 06 février 2022 au siège de l’organisation panafricaine à Addis-Abeba. Le Chef de l’Etat Sénégalais nourrit de grandes ambitions pour le continent africain et il l’a fait savoir dans son allocution dont voici l’extrait.

Je tiens d’abord à remercier le gouvernement et le peuple éthiopiens pour l’accueil convivial et l’hospitalité  chaleureuse qu’ils nous réservent, une fois de plus, dans la cité légendaire d’Addis Abeba, berceau de notre rêve de liberté et d’unité africaines.

Je mesure l’honneur et la responsabilité qui s’attachent à la confiance dont vous venez de m’investir, ensemble avec les membres du bureau, pour conduire les destinés de notre organisation pendant un an.

Je vous remercie et vous assure de notre engagement à travailler de concert avec tous les pays membres dans l’exercice de notre mandat.

Je rends hommages aux pères fondateurs de l’Organisation. Six décennies après, leur vision lumineuse continue d’inspirer notre vivre ensemble et d’éclairer notre marche solidaire vers l’idéal d’intégration africaine.

C’est justement dans cet esprit panafricaniste que le Président Senghor avait, proposé au sommet de l’OUA de juillet 1964, d’instituer « une autorité politique et morale permanente de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement ».

C’est ainsi qu’est née la charge de Président en exercice de notre Organisation ; charge dont le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est acquitté avec dévouement.

L’urgence de paix et de sécurité nous rappelle notre responsabilité particulière dans la lutte contre le terrorisme, le règlement pacifique des différends entre pays membres, et la prise en charge des situations de crises internes.

Il en est ainsi de la crise sanitaire liée à la pandémie COVID-19, et la nécessité d’assurer au plus vite  notre souveraineté pharmaceutique et médicale.

J’attire également l’attention de notre sommet sur les ravages du cancer, u tueur silencieux qui cause près de 20 millions de décès par an dans le monde, dont plus de 700 000 en Afrique.

Nos urgences sont aussi économiques. L’Afrique continue d’accuser du retard dans le domaine du développement malgré ses énormes potentialités : 30 millions de km² ; plus d’un milliard d’habitants ; d’importantes réserves en eau et hydrocarbures ; 60% des terres arables non exploitées du monde ; 40% des réserves d’or ; 85 à 95% des réserves de métaux du groupe du chrome et du platine ; 85% des réserves de phosphates ; plus de 50% des réserves de cobalt.

C’est dire qu’en dépit de son handicap, l’Afrique dispose du potentiel nécessaire pour assurer les conditions de son émergence.

L’Afrique émergente doit aussi compter sur ses forces vives : les jeunes et les femmes. Les jeunes doivent rester au centre de nos politiques publiques, parce qu’ils forment la majorité de notre population.

Nous ne pourrons tirer avantage du dividende démographique que si notre jeunesse reçoit l’éducation et la formation adéquates qui la préparent à la vie active. La condition féminine nous interpelle, parce que les femmes constituent l’autre moitié du continent.

Chers collègues, mesdames, messieurs,

Si le destin le destin de notre continent se joue entre nos mains, il reste aussi tributaire d’une gouvernance politique, économique et financière mondiale qui fait peu de place à nos pays.

Plus de 60 ans après ses premières indépendances, l’Afrique est plus que jamais décidée à prendre son destin en main. Notre continent ne saurait être la chasse gardée des uns contre les autres.

Nous sommes ouverts à tous les partenariats, sans exclusion, ni exclusivité, pourvu qu’ils soient mutuellement bénéfiques et respectueux de nos priorités de développement et de nos choix de société.

J’appelle à une plus grande mobilisation des pouvoirs publics, des leaders d’opinion, de la société civile, des familles et des communautés contre toutes les formes de violence faites aux femmes et filles, et pour leur autonomisation.

Un autre défi nous interpelle : celui de la transition énergétique dans le contexte de la lutte contre le changement climatique dont l’Afrique est partie prenante.

Chers collègues, Mesdames, Messieurs,

Les défis que voilà, nous les relèverons en consacrant plus de temps à nos débats sur des questions vitales pour nos pays, avec des méthodes de travail rénovées et rationalisées dans l’esprit de la réforme institutionnelle que nous avons menée.

L’Afrique que nous voulons, c’est aussi celle qui recouvre l’intégralité de son patrimoine culturel. La restitution de notre patrimoine spolié restera au cœur de notre agenda, parce qu’il fait partie intégrante de notre identité civilisationnelle.

Nous disons oui au « rendez-vous du donner et du recevoir » par le dialogue  fécond des cultures et des civilisations ; mais non à l’injonction civilisationnelle  qui nous dicterait nos choix et nos comportements.

Dans l’esprit que voilà, je ne ménagerai aucun effort pour la défense des intérêts de notre Continent avec le soutien des membres de notre Bureau et et le vôtre.

Ainsi, et ensemble, nous pourrons apporter une nouvelle pierre à l’édifice continental de nos rêves : Une Afrique débout et en marche vers plus de progrès et de prospérité.

Vive l’Afrique ! Vive l’Union Africaine !

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