Politique

Audition de Boni Yayi par le juge Kodjo : « C’est du cinéma juridique » dixit Me Renaud Agbodjo

Les avocats de l’ancien Président de la République Boni Yayi sont montés une nouvelle fois au créneau pour alerter l’opinion publique et dénoncer le calvaire que vit leur « client ». Pour eux, ce qui se joue actuellement est un « cinéma juridique » où on veut faire un « rattrapage judiciaire pour donner un corps juridique à la séquestration et  la détention » qui ne dit pas son nom. C’était dans la matinée de ce samedi 15 juin 2019 au « Chant d’oiseau » de Cotonou.

Me Kato Attita et Me Renaud Agbodjo, tous deux avocats de Boni, étaient dans la matinée de ce samedi 15 juin 2019 face aux professionnels des médias pour éclairer la lanterne des populations sur la procédure judiciaire qui a amené le juge Aubert Kodjo à tenter d’écouter par deux fois l’ancien Chef de l’Etat  et sur les conditions particulièrement difficiles dans lesquelles vit ce dernier depuis bientôt deux mois maintenant.

 Pour Me Renaud Agbodjo, il n’est pas étonnant qu’on veuille coûte que coûte écouter leur client. A l’en croire, les dirigeants actuels, de connivence avec certains acteurs de l’appareil judiciaire veulent juste « faire un rattrapage judiciaire pour donner un corps juridique à la détention en inculpant Boni Yayi, soit en le plaçant sous mandat de dépôt ou soit en le plaçant sous contrôle judiciaire ». « On veut l’inculper avant d’aviser sur la détention, parce qu’en réalité Boni Yayi est déjà en détention » renchérit-il. C’est ce qui l’emmène à dire que « ce dossier est éminemment politique ». « On sait là où ils veulent arriver, ajoute-il, c’est du cinéma juridique ».

Les Avocats de Yayi Boni, Me Renaud Agbodjo et Me Kato Attita

« Les conditions ne sont pas réunis pour une justice impartiale et indépendante » alertent alors les conseils de Boni Yayi. Pour eux, leur client « se retrouve dans un cercle vicieux où quel que soit la situation, il est pris en tenaille, dans une tenaille judiciaire où rien ne lui est garanti ». Ils se posent alors la question de savoir s’ils sont toujours au Bénin, pays démocratique, des droits de l’homme ou dans une république bananière.

Boni Yayi, un homme qui dérange

Aux concitoyens qui se demandent pourquoi Patrice Talon et le pouvoir de la « rupture » déploie un tel acharnement contre la personne de l’ancien Chef de l’Etat Boni Yayi, ses avocats répondent : « Boni Yayi dérange et il dérange profondément. Parce que de tous les leaders de la résistance et de l’opposition, il est encore le seul homme politique présent physiquement sur le territoire national qui a refusé la contrainte de l’exil. A lui seul est capable de mobiliser des milliers de béninois autour d’un idéal politique. Il draine du monde ». Me Renaud Agbodjo et Me Kato Attita se demandent alors « si c’est un crime de drainer pacifiquement du monde autour de soi ». « Est-ce un crime d’avoir une popularité ? Boni yayi a réfusé l’exil et ce que cela pouvait lui coûter, à défaut de l’emprisonnement, c’est la séquestration et bien entendu la vie » déplore Me Agbodjo.

Après avoir dénoncé cet état de fait, il a invité « tous les patriotes, toutes les personnes attachées à la démocratie, la société civile, les hommes des médias, les religieux, les acteurs politiques de tout bord politique à lancer un appel solennel au dialogue politique franc et sincère dans les plus brefs délais pour mettre fin à la crise qui secoue actuellement le pays et éviter le basculement vers l’irréparable.

Zek Adjitchè ALAFAÏ

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Audition de Boni Yayi par le juge Kodjo : « C’est du cinéma juridique » dixit Me Renaud Agbodjo

Les avocats de l’ancien Président de la République Boni Yayi sont montés une nouvelle fois au créneau pour alerter l’opinion publique et dénoncer le calvaire que vit leur « client ». Pour eux, ce qui se joue actuellement est un « cinéma juridique » où on veut faire un « rattrapage judiciaire pour donner un corps juridique à la séquestration et  la détention » qui ne dit pas son nom. C’était dans la matinée de ce samedi 15 juin 2019 au « Chant d’oiseau » de Cotonou.

Me Kato Attita et Me Renaud Agbodjo, tous deux avocats de Boni, étaient dans la matinée de ce samedi 15 juin 2019 face aux professionnels des médias pour éclairer la lanterne des populations sur la procédure judiciaire qui a amené le juge Aubert Kodjo à tenter d’écouter par deux fois l’ancien Chef de l’Etat  et sur les conditions particulièrement difficiles dans lesquelles vit ce dernier depuis bientôt deux mois maintenant.

 Pour Me Renaud Agbodjo, il n’est pas étonnant qu’on veuille coûte que coûte écouter leur client. A l’en croire, les dirigeants actuels, de connivence avec certains acteurs de l’appareil judiciaire veulent juste « faire un rattrapage judiciaire pour donner un corps juridique à la détention en inculpant Boni Yayi, soit en le plaçant sous mandat de dépôt ou soit en le plaçant sous contrôle judiciaire ». « On veut l’inculper avant d’aviser sur la détention, parce qu’en réalité Boni Yayi est déjà en détention » renchérit-il. C’est ce qui l’emmène à dire que « ce dossier est éminemment politique ». « On sait là où ils veulent arriver, ajoute-il, c’est du cinéma juridique ».

Les Avocats de Yayi Boni, Me Renaud Agbodjo et Me Kato Attita

« Les conditions ne sont pas réunis pour une justice impartiale et indépendante » alertent alors les conseils de Boni Yayi. Pour eux, leur client « se retrouve dans un cercle vicieux où quel que soit la situation, il est pris en tenaille, dans une tenaille judiciaire où rien ne lui est garanti ». Ils se posent alors la question de savoir s’ils sont toujours au Bénin, pays démocratique, des droits de l’homme ou dans une république bananière.

Boni Yayi, un homme qui dérange

Aux concitoyens qui se demandent pourquoi Patrice Talon et le pouvoir de la « rupture » déploie un tel acharnement contre la personne de l’ancien Chef de l’Etat Boni Yayi, ses avocats répondent : « Boni Yayi dérange et il dérange profondément. Parce que de tous les leaders de la résistance et de l’opposition, il est encore le seul homme politique présent physiquement sur le territoire national qui a refusé la contrainte de l’exil. A lui seul est capable de mobiliser des milliers de béninois autour d’un idéal politique. Il draine du monde ». Me Renaud Agbodjo et Me Kato Attita se demandent alors « si c’est un crime de drainer pacifiquement du monde autour de soi ». « Est-ce un crime d’avoir une popularité ? Boni yayi a réfusé l’exil et ce que cela pouvait lui coûter, à défaut de l’emprisonnement, c’est la séquestration et bien entendu la vie » déplore Me Agbodjo.

Après avoir dénoncé cet état de fait, il a invité « tous les patriotes, toutes les personnes attachées à la démocratie, la société civile, les hommes des médias, les religieux, les acteurs politiques de tout bord politique à lancer un appel solennel au dialogue politique franc et sincère dans les plus brefs délais pour mettre fin à la crise qui secoue actuellement le pays et éviter le basculement vers l’irréparable.

Zek Adjitchè ALAFAÏ

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