Politique

Décryptage du discours du Président Talon : « Un déni de la réalité », selon l’opposition

Presque 24 heures, jour pour jour, après la sortie médiatique du Président de la République Patrice Talon le lundi 20 mai 2019, l’opposition politique à son régime, réunie sous la bannière de la résistance, est montée au créneau pour décrypter son discours. Pour eux, non seulement l’adresse du président était inopportune, affligeante, inconséquente et outrageante, mais elle fut avant tout un « déni de la réalité » politique actuelle du Bénin.

C’est une nouvelle fois, le siège national de la résistance que l’opposition politique au régime dit de la rupture et du nouveau départ a choisi ce mardi 21 mai pour se prononcer sur le discours de la veille du Chef de l’Etat Patrice Talon. Tout d’abord, elle a rappelé par la voix de l’He Eric Houndété le contexte dans lequel ce discours est intervenu.

« Après un coup de force électoral qui a abouti à la confiscation du pouvoir législatif à travers une installation fortement militarisée des 83 préposés à la fonction de la représentation nationale, tous identifiés et nommés par le pouvoir du Président Patrice Talon, il s’est fendu d’une sortie médiatique le lundi 20 mai 2019 pour dit-il, s’adresser à la nation béninoise » a déclaré l’ancien vice-président de l’Assemblée Nationale.

Pour lui, l’adresse du Président Talon, à l’analyse « a été à la fois rébarbative, impertinente, inconséquente, inopportune, affligeante et outrageante », alors même que « l’opinion nationale et internationale s’attendait à un Président qui prend enfin de la hauteur, pour lire er juger, du haut de l’institution suprême qu’il incarne, la gravité des différents événements inédits, malheureux, tragiques et dramatiques pour en tirer les conséquences objectives afin de s’ouvrir à de courageuses décisions consensuelles devant restituer au peuple béninois son parlement et réhabiliter l’image de sa démocratie ». A l’en croire c’est tout le contraire qui se produisit. « Le Président Patrice Talon s’est permis de se faire des gorges chaudes sur tous ceux qui espèrent encore en la démocratie béninoise et continue à jouer à la ruse », s’est désolé Eric Houndété.

Décryptant le discours de fond en comble, il a fait remarquer que le Chef de l’Etat interprète et applique les textes et lois de la république « à travers le seul prisme de ses centres d’intérêt inavouables » en n’en faisant « qu’une lecture approximative et erronée ». Ce qui lui fait dire que « connaissant le modus vivendi et le modus operendi de ce régime, on peut d’ores et déjà en conclure que la révision de la constitution de 1990 vient ainsi d’être actée ». Il ajoute que « nul ne sera donc surpris si la nouvelle constitution consacrait le monochrome, exclusivement meublé du bloc républicain et de l’union progressistes, les seuls partis privés du Président Patrice Talon ».

Selon lui, la supposée réforme du système n’aura été qu’un facile pour le Chef de l’Etat de « se défaire de toute l’opposition et mettre crânement le grappin sur le Bénin, son économie, sa classe politique et sa démocratie ». Dans ces conditions, tout en ajoutant le fait que l’ancien Président Boni Yayi est soumis à une « résidence surveillée »  l’opposition doute fort bien d’un franc et direct avec la classe politique et s’interroge. Elle entend donc poursuivre la résistance et « se réserve le droit et l’obligation de réfléchir à une stratégie de lutte conséquente et bien adaptée ».

Le temps est maître de tout. Wait donc and see ce que l’avenir réservera à l’opposition, à la mouvance, de même qu’aux béninois dans leur ensemble.

Zek Adjitchè ALAFAÏ

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Décryptage du discours du Président Talon : « Un déni de la réalité », selon l’opposition

Presque 24 heures, jour pour jour, après la sortie médiatique du Président de la République Patrice Talon le lundi 20 mai 2019, l’opposition politique à son régime, réunie sous la bannière de la résistance, est montée au créneau pour décrypter son discours. Pour eux, non seulement l’adresse du président était inopportune, affligeante, inconséquente et outrageante, mais elle fut avant tout un « déni de la réalité » politique actuelle du Bénin.

C’est une nouvelle fois, le siège national de la résistance que l’opposition politique au régime dit de la rupture et du nouveau départ a choisi ce mardi 21 mai pour se prononcer sur le discours de la veille du Chef de l’Etat Patrice Talon. Tout d’abord, elle a rappelé par la voix de l’He Eric Houndété le contexte dans lequel ce discours est intervenu.

« Après un coup de force électoral qui a abouti à la confiscation du pouvoir législatif à travers une installation fortement militarisée des 83 préposés à la fonction de la représentation nationale, tous identifiés et nommés par le pouvoir du Président Patrice Talon, il s’est fendu d’une sortie médiatique le lundi 20 mai 2019 pour dit-il, s’adresser à la nation béninoise » a déclaré l’ancien vice-président de l’Assemblée Nationale.

Pour lui, l’adresse du Président Talon, à l’analyse « a été à la fois rébarbative, impertinente, inconséquente, inopportune, affligeante et outrageante », alors même que « l’opinion nationale et internationale s’attendait à un Président qui prend enfin de la hauteur, pour lire er juger, du haut de l’institution suprême qu’il incarne, la gravité des différents événements inédits, malheureux, tragiques et dramatiques pour en tirer les conséquences objectives afin de s’ouvrir à de courageuses décisions consensuelles devant restituer au peuple béninois son parlement et réhabiliter l’image de sa démocratie ». A l’en croire c’est tout le contraire qui se produisit. « Le Président Patrice Talon s’est permis de se faire des gorges chaudes sur tous ceux qui espèrent encore en la démocratie béninoise et continue à jouer à la ruse », s’est désolé Eric Houndété.

Décryptant le discours de fond en comble, il a fait remarquer que le Chef de l’Etat interprète et applique les textes et lois de la république « à travers le seul prisme de ses centres d’intérêt inavouables » en n’en faisant « qu’une lecture approximative et erronée ». Ce qui lui fait dire que « connaissant le modus vivendi et le modus operendi de ce régime, on peut d’ores et déjà en conclure que la révision de la constitution de 1990 vient ainsi d’être actée ». Il ajoute que « nul ne sera donc surpris si la nouvelle constitution consacrait le monochrome, exclusivement meublé du bloc républicain et de l’union progressistes, les seuls partis privés du Président Patrice Talon ».

Selon lui, la supposée réforme du système n’aura été qu’un facile pour le Chef de l’Etat de « se défaire de toute l’opposition et mettre crânement le grappin sur le Bénin, son économie, sa classe politique et sa démocratie ». Dans ces conditions, tout en ajoutant le fait que l’ancien Président Boni Yayi est soumis à une « résidence surveillée »  l’opposition doute fort bien d’un franc et direct avec la classe politique et s’interroge. Elle entend donc poursuivre la résistance et « se réserve le droit et l’obligation de réfléchir à une stratégie de lutte conséquente et bien adaptée ».

Le temps est maître de tout. Wait donc and see ce que l’avenir réservera à l’opposition, à la mouvance, de même qu’aux béninois dans leur ensemble.

Zek Adjitchè ALAFAÏ

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