Culture

Présentation de l’ouvrage ‘’Autour d’un verre’’ : L’avant-goût de lecture de Walid Agro

Ravi de pouvoir en premier porter sa liberté de pensée sur le roman ‘’Autour d’un verre’’, Walid Agro en donne un avant-goût au lecteur. Résumé du récit, analyse critique de l’œuvre (temps, ton, registre, etc.), leçon de l’histoire, référence à de grands auteurs comme Stendhal, il révèle « l’inspiration nouvelle » qu’apporte l’auteur Atman Bouba à la littérature et qui devrait inciter à absolument lire l’ouvrage. 

Quel est le meilleur moyen de connaitre une personne,  Si n’est d’aller à sa rencontre?

Et fort heureusement, le meilleur moyen d’aller à la rencontre d’une personne, c’est d’écouter les bruits de son cœur. Puis ce n’est pas tout, les vrais bruits du cœur d’une personne résonnent toujours mieux dans ses écrits.

C’est alors que vous et moi, nous nous retrouvons ici ce matin pour mieux connaitre notre cher frère et ami Atman Bouba et bien évidemment comprendre ce que dans son cœur,  il porte pour nous et pour le public : par conséquent, son ouvrage, son tout premier dont le titre est :   ‘’Autour d’un verre’’.

Non seulement je suis heureux de la publication de cet ouvrage mais davantage ravi de pouvoir en premier y porter ma liberté de pensée à travers sa présentation.

Alors que pouvons-nous savoir toute suite de l’Ouvrage ‘’Autour d’un verre ‘’ de Atman Bouba ?

‘’Autour d’un verre’’ est un roman dont l’écriture s’est achevée l’année dernière, en 2021 et qui parait sous les Editions Soleil du succès. Il tient en 150 pages organisées en huit parties.

Le roman met en scène un personnage du nom de Dona, un jeune talentueux Web-développeur ; c’est le héros de l’ouvrage dont il est également le narrateur, c’est-à-dire que c’est Dona lui-même qui raconte l’histoire en même temps, une histoire qui va de Cotonou à Parakou en passant par Calavi, ou encore Boukoumbé. En prologue, Dona rencontre Dotou, une femme de son goût, une femme telle qu’il aime, dont il est alors passionnément épris et qui en retour voulait faire chemin avec lui mais étant toujours sous la hantise d’un passé sentimental sombre que dis-je chaotique, qu’il va justement lui raconter avant que cette dernière ne le congédie et l’abandonne seul dans son infortune.

L’ouvrage est marqué par deux grands temps. Le premier présente ce que je peux nommer la délinquance sexuelle ou le terrorisme sentimental de Dona qui va consciemment faire vivre à presque une dizaine de femmes, une série de trahisons, d’infidélité et de mépris. Ses inconséquences vont notamment conduire au suicide de sa chérie Fifa, à la perte de Aicha suite à un avortement car les parents musulmans de cette dernière n’entendaient pas voir leur fille avec un chrétien.

Le deuxième temps de l’ouvrage va quant à lui prendre totalement sa revanche sur le premier. C’est donc ici que le sort va s’acharner contre  le personnage de Dona au regard de toute la profanation de l’amour et la banalisation de la confiance de ces femmes qui ne voulaient que l’aimer. En effet Cica, une jeune journaliste va faire vivre à Dona, toutes les misères et les orties de l’amour, profitant de son talent, ses contacts et des soins du personnage principal auquel elle va en dépit de tout afficher une indifférence manifeste, une indolence totale dans son art d’aimer au point ou Dona va  connaitre un désenchantement complet le jour où il va la surprendre dans les bras d’un autre homme. Pour une fois, Dona va s’enliser dans l’alcool et sera in extrémis sauvé d’un suicide par son frère.

Mais que tente de nous apprendre l’ouvrage ‘’Autour d’un verre’’ ?

Une chose est certaine, le roman ne nous apprend pas l’amour, il ne nous enseigne pas la conscience de l’amour. En revanche, il nous parle de l’inconscience d’aimer.

Atman Bouba y expose avec une facilité déconcertante, les errements, les frasques et les désillusions d’une génération, une jeunesse infectée, infestée, purulente et empuantie par les vils  délices et les plaisirs malsains du sexe et de l’alcool.

Atman apporte tout de même une inspiration nouvelle à la littérature même si son style évoque un tant soit peu ce que deux siècles en arrière, l’écrivain français Stendal a appelé ‘’la cristallisation’’, c’est-à-dire  « l’on se plait à orner de mille perfections une femme de l’amour de laquelle on est sûr, on se détaille tout son bonheur avec une complaisance infinie ». On le remarque à la page 6 du roman, je cite « Dotou, c’est la femme idéale que tout homme aurait souhaitée avoir dans sa vie. Elle porte en elle la quintessence même du bonheur, du plaisir de la vie avec ses doux yeux, ces petites boules blanches centrées par des noires à travers lesquels Dona aimerait bien se mirer chaque matin. Sa tendre et douce voix est la plus belle des mélodies qu’il vous ait jamais été donnée d’entendre. »

Contrairement à un roman hautement descriptif dominé par le passé simple, le passé composé et l’imparfait souvent utilisé par l’auteur permettent au lecteur de vivre l’histoire dans le présent. On y trouve également assez de figures de styles qui viennent détendre le lecteur tout au long du récit, un récit qui sans nul doute est profondément dramatique. Le ton du roman est de bout en bout tragique comme à la page 50 où peut lire : « Elle s’est ouverte une veine avec un couteau et s’en est allée, baignant dans son sang. »

S’il y a une seule chose à retenir au final de cet ouvrage, c’est la simplicité avec laquelle il présente son héros dans tout son goût du banal plaisir qu’il tire des affaires de cœur mais également la facilité avec laquelle il peint la déchéance de ce personnage :          Dona, un héros dont la perte, l’érosion aura été déclenchée par lui-même au commencement de l’ouvrage. C’est-à-dire dès la rencontre de la jeune Aicha au détour de son séjour à Parakou jusqu’à la trahison finale de la jeune Cica.

Aussi le titre choisit par Atman Bouba se justifie-t-il à mes égards : ‘’Autour d’un verre’’.

Le ‘’verre’’ en soi n’est pas nuisible, mais son contenu sombre peut être fatal, c’est d’ailleurs cette fatalité que traduisent les couleurs rouge et noir de la couverture du livre.

Ce verre à fond noir annonce également la désespérance finale et la fin tragique pour le personnage principal qui au bout du rouleau, va littéralement s’écrouler après avoir pourtant usé de toute sorte de stratagèmes pour conquérir et briser le cœur de jeunes dames qui parfois étaient même prêtes à lui offrir un bonheur absolu ou même leur vie toute entière.

Ce verre dont on ne voit pas le fond sur la  première de couverture du livre, n’est rien d’autre que la symbolique même d’un abîme sans issue, un piège sans fin dans lequel le personnage va successivement s’enliser au détour de ses odyssées, ses aventures malencontreusement orchestrées avec Aicha, Fifa, Ahouéfa, Sèna, Cica, Bidossèssi, toutes jeunes filles souvent naïves, parfois complices

En somme Atman considère le verre comme la « preuve la plus flagrante de l’existence de l’amour, avec ses délices mais aussi ses vices, ses supplices, ses sévices »

L’adverbe ‘’ Autour’’ utilisé dans le titre du livre pour accompagner le verre, vient préciser l’importance que l’auteur a voulu accorder au spatio-temporel dans la succession des circonstances et des événements. Et puis que le hasard n’est pas de ce monde, c’est bien évidemment le temps et l’espace qui au final finiront par avoir copieusement raison de DONA

En définitive, l’on ne saura jamais dans un ouvrage de 150 pages, résumer encore moins étaler les avatars et les légèretés d’une jeunesse. Cependant, Autour d’un verre a tout au moins le mérite, tout comme Atman Bouba a l’audace d’avoir ouvertement abordé voire révélé une grosse part de l’inconscience et de l’insouciance d’une génération habituée aux plaisirs du verre, aux délires des TiCs, aux désirs incessant du luxe, et aux pires vices du sexe (Suivez mon regard, Dubaï n’est pas loin).

La jeunesse n’est pas l’âge du plaisir et on ne badine pas avec l’amour, c’est la grande la leçon que Atman nous donne, et pour moi il le fait si bien que sans détour j’invite le public à le lire, à le relire.

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