Culture

Statue de l’amazone : La carte postale du Bénin a un nouveau visage

Erigée en hommage aux ‘’agodjié’’, corps d’élite expéditionnaire féminin, ces célèbres amazones de l’ancien royaume du Danhomey, la statue de l’amazone est avec le mur de graffiti actuellement en décoration, les deux nouvelles attractions touristiques de la ville de Cotonou.

Longue d’une trentaine de mètre, la statue de l’amazone est en cours de dévoilement. Elle serait la deuxième plus haute statue en Afrique de l’ouest après celle de la renaissance à Dakar au Sénégal. Située sur la plus grande artère de la ville de Cotonou, le monument fascine les habitants.

L’amazone vue de dos

Imposante, jeune, belle, allures et armures guerrières, la statue rend un vibrant hommage aux ‘’agodié’’, ces célèbres amazones du royaume du Danhomey.

Intrépides guerrières

Dans un article intitulé : ‘’Les « Amazones du Dahomey », des femmes-soldats dans l’Afrique précoloniale’’ paru en juillet 2017 et consultable sur le site internet du média panafricain ‘’Jeune Afrique’’, Elodie Descamps les décrit comme telle : « Vaincre ou mourir », tel est leur adage. Crane rasé, coiffé d’un bonnet blanc orné de caïmans bleus, elles ont la démarche virile et le regard noir. Dans un combat au corps à corps, leur domaine d’excellence, aucun homme ne résiste. Elles ne prétendent pas les égaler, les hommes, elles les surpassent. « Elles », ce sont les « Mino » (« nos mères », en langue fon), surnommées les « Amazones du Dahomey » par les européens, en référence au mythe des femmes guerrières de l’antiquité. Une armée de femme unique au monde au XVIIIe siècle ».

Poursuivant sa description, elle ajoute : « Éduquées au combat, elles vouent leur vie entière à la défense du roi et de son royaume. Pas question, donc, de tomber enceinte ou d’avoir des relations intimes. Elles font vœux de virginité. Une fois formées, elles sont réparties selon leurs spécialités : on distingue les fusilières, les archères, les faucheuses, – connues pour leur « rasoir gigantesque », les artilleuses, et enfin les chasseresses, commando d’élite dont les membres sont sélectionnés parmi les meilleures tueuses.

L’amazone, la nouvelle statue imposante de la ville de Cotonou

En service un jour sur deux, les guerrières subissent un entrainement physique quotidien très dur. Aptes à résister à la douleur, elles excellent dans le maniement des armes : « Alors qu’un soldat dahoméen met en moyenne 50 secondes pour recharger sa carabine après avoir fait feu, une « Amazone » réalise l’opération en trente secondes », rapporte l’explorateur J. Foa. ».

Un nouveau visage sur la carte postale du Bénin

Avec la statue de l’Amazone, le gouvernement de la « Rupture » et du « Nouveau Départ » vient de frapper fort en matière de promotion de la destination Bénin. Une frappe comparable à celle des amazones dont la statue évoque le courage. Elle fouette l’égo, et l’orgueil du béninois, réchauffe et redonne une autre dimension à son ressenti patriotique. Plus encore, la statue de l’amazone met en orbite le Bénin et particulièrement Cotonou comme une destination touristique phare à l’instar des grandes villes d’Afrique et du monde (Dakar, Lagos, Yamoussoukro, Sharm El Cheick, Marrakech, Paris, Johannesburg, New-York ou encore Rio de Janeiro). Avec la statue de l’amazone, c’est une nouvelle figure, un nouveau visage qui s’affiche désormais sur la carte postale du Bénin.

Zek Adjitchè ALAFAÏ

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page