Culture

Ogou : Le nouveau single très osé de Zogbé

Générique du tout nouveau film « Fast Dream » du jeune réalisateur béninois Jaurès Koukpémédji (JK), le single « Ogou » de Zogbé est désormais disponible sur les plateformes de téléchargement. Cerise sur le gâteau, le clip de la chanson a également été rendu public la semaine dernière.

C’est un single et un clip très osés que le slameur et parolier Zogbé vient de mettre à la disposition de ses fans et de tous les amoureux de la musique. « Ogou » est le titre de la chanson qui révèle une fois de plus l’audace et l’attachement de l’artiste à ses racines culturelles et cultuelles. Depuis ses débuts, Zogbé n’a cessé de vouloir afficher et affirmer la richesse et les trésors cachés du patrimoine culturel béninois. Avec « Ogou », il fait un pas de plus vers cette affirmation. Un ancrage osé assumé.

L’artiste, conscient de la campagne de diabolisation dont il pourrait faire l’objet, a tenu tout de même à rendre un vibrant hommage à la divinité tutélaire et millénaire qu’est « Ogou ». « C’est un single qui restitue fidèlement les attributs de la divinité « Ogou », c’est-à-dire le rôle que la divinité « Goun » jouait dans la vie quotidienne de nos ancêtres et continue de jouer dans celle de leurs descendants aujourd’hui, les béninois » a affirmé Zogbé dans une interview exclusive.

http://https://www.youtube.com/watch?v=uyOYD9mGbx4

A l’en croire, « La divinité « Ogou », c’est cette divinité-là qui permettait aux forgerons d’exercer sans accident de travail leur métier. C’est cette divinité là que les chauffeurs, les transporteurs imploraient chaque fois avant de sortir et elle qui les épargnait des accidents mortels. C’est cette divinité-là qui assurait aux paysans une bonne récolte parce que l’outil que ces paysans utilisaient est sous le signe d’ogou, c’est-à-dire la houe, la pioche, la hache, le couteau, etc…, c’est la divinité Ogou qui protège tous ces métaux, tous ces matériaux-là. C’est cette divinité qui couvrait, qui chapeautait toutes ces composantes de la vie sociale de notre pays. Sur le plan de la guerre, sans Ogou, la victoire n’est pas assurée. C’est Ogou qui inspirait nos amazones. C’est sous le signe d’Ogou que nos amazones allaient à la bataille et remportaient des batailles éclatantes ».

Affiche du film “Fast dream”

Loin de lui l’idée de faire l’évangélisation de la culture vodou, il explique que son intention est « de dire à nos frères que c’est un mensonge que les gens sont venus nous dire que l’Afrique n’a jamais eu de religion, que l’Afrique n’a jamais eu de science, que l’Afrique n’a jamais eu de spiritualité, que c’est eux qui nous ont tout apporté. Non. Au fait c’est cette restitution là que nous essayons d’apporter à nos frères pour leur montrer qu’en réalité, loin de là, que nos ancêtres aussi avaient des richesses, nous ont légué un riche patrimoine ».

Il faut noter que « Ogou » a été écrit et enregistré pour servir de générique au nouveau film « Fast dream » du jeune réalisateur béninois Jaurès Koupkémédji, lauréat, il y a de cela deux ans, du meilleur film d’école au FESPACO 2019 (Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou) avec « Incompris ».

Zek Adjitchè ALAFAÏ

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