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Tribune : Cette Amérique que nous aimons si tant

J’aime l’Amérique des pères fondateurs Georges Washington, John Adams, Thomas Jefferson. J’aime l’Amérique des valeurs. J’aime sa démocratie, son esprit, son rêve d’indépendance et de liberté. Et c’est parce qu’on aime l’Amérique qu’il faut lui dire la vérité, lui relever ses dérives.

 

Le décret de Joe Biden permettant la saisie de 7 milliards de dollars (6,14 milliards d’euros) de réserves de la banque centrale afghane déposés aux Etats-Unis en est une. Il faut le dire à haute et intelligible voix : c’est une injustice. Une vengeance injustifiable, une violation pure et simple des règles basiques du droit international. Un hold-up tout simplement.

En agissant tel qu’il l’a fait, Joe Biden sème le doute et suscite une peur bleue de l’Amérique. La peur de l’oppresseur, la peur du plus fort qui dicte sa loi, à un pays pauvre, longtemps occupé. Biden sème le doute dans le coeur de tous ceux qui voudront à l’avenir faire comme l’Afghanistan en plaçant leurs avoirs chez les américains.

En agissant ainsi, Biden révèle aussi que non seulement l’expédition afghane est un échec mais que l’Amérique, sinon ses dirigeants et une partie de l’opinion publique américaine ne digère pas cet échec. Et donc, en mauvais perdant, il faut, sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme, rendre gorge et faire payer les nouvelles autorités afghanes.

En plus, la décision d’utiliser la moitié des fonds souverains afghans pour financer la société civile dans ce pays sans que les sous ne transitent entre les mains des nouveaux hommes forts de Kaboul cachent mal la volonté des américains de chercher par quelques moyens que ce soit à contrôler, à avoir une emprise sur le pays, qu’elle soit psychologique ou idéologique.

Nous aimons l’Amérique. C’est pourquoi, il est bon de lui faire comprendre qu’elle est capable de mieux, qu’elle peut toujours revoir sa copie et prendre envers l’Afghanistan des décisions qui révèlent sa grandeur et n’empiète pas sur ni n’entame sa puissance.

Nous aimons cette Amérique, berceau de la démocratie moderne, bâti par des pionniers épris de paix et de justice qui ont su par leur sagacité, leur magnanimité léguer à l’humanité les valeurs qui ont rendu ce pays beau, grand, fort et qui fait rêver.

Nous aimons cette Amérique qui sait se faire respecter sans prendre aux autres ce qui leur appartient. Et c’est parce que nous aimons cette Amérique, qu’elle doit retourner à l’Afghanistan ce qui appartient à l’Afghanistan.

À César ce qui appartient à César.

Zek Adjitchè ALAFAÏ

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